C’est le nom d'un brave chien qui fit presque toutes les campagnes du Consulat et de l’Empire


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Bicentenaire : « Le Barbet d’Austerlitz »

Il y a tout juste 200 ans, le 2 décembre 1805 à Austerlitz, se distingua un grognard pas comme les autres : ce briscard c’est « Moustache », un Barbet aux longs poils broussailleux et frisés qui deviendra la mascotte d’un régiment de la Grande Armée et dont les états de service furent aussi pittoresques qu’admirables. « Il est l’une des plus hautes illustrations de l’espèce et l’une de nos gloires les plus pures », comme l’écrira l’écrivain Eugène Gayot (1808 - 1891 ).

« Moustache » a su mériter les faveurs de son régiment et représenta, en toutes circonstances, le bon camarade, le complice et l’auxiliaire idéal sur lesquels n’importe quel soldat pouvait compter.

À Austerlitz - dont nous fêtons aujourd’hui le bicentenaire - sur le plateau du Pratzen, pendant que le centre français termine d’enfoncer définitivement le centre austro-russe, l’aile gauche, commandée par le Maréchal Lannes, contient toujours depuis 9 heures le matin, les Russes du Prince Bagration sur la route d’Olmütz située au nord du Pratzen.

Vers 2 heures de l’après-midi, après l’intervention musclée des dragons et des cuirassiers de Murat, la 3e division d’infanterie du général Suchet s’ébranle au pas de charge. Un duel impitoyable entre fantassins va débuter : c’est l’assaut des brigades Becker et Valhuber qui vont littéralement se fondre sur les Russes de Bagration ; l’ardeur des « bleus » est incroyable et une furieuse mêlée s’engage.

Notre grognard à quatre pattes se trouve dans les rangs de la brigade Becker et ce fut dans cette terrible mêlée que l'intrépide animal se jeta, sous un feu de balles et de mitraille, au secours du porte-drapeau de son régiment, le 40e de ligne.
Le soldat se trouva, brusquement isolé et encerclé par l'ennemi. Il se défend comme il peut, en faisant des moulinets avec la hampe de son Aigle. Mais la résistance est inutile et le porte-drapeau est sur le point de succomber ; il demande de l’aide, mais hélas personne n'entend. Personne sauf « Moustache ». Le chien s'élance, mais ne pourra rien faire pour le soldat qui, blessé mortellement, s'écroule en serrant le drapeau contre lui. Le brave petit chien alors se déchaîne et d'un bond se jette sur le cadavre du malheureux porte-drapeau et, aboyant furieusement, fait face aux Russes les empêchant de s'emparer de l'Aigle. Il est sur le point d'être lardé de coups de baïonnettes, lorsque, soudain, une fusillade éclata et parvint un instant à déstabiliser l'ennemi. « Moustache », profite de ce bref moment et, adroitement, saisit, à pleine gueule, la hampe du drapeau. Il tire de toutes ses forces et, coincé sous le corps du malheureux soldat, l'étoffe se déchire, mais le Barbet rapporte triomphant les lambeaux déchiquetés de l'Aigle vers les lignes françaises. C'est durant cette course effrénée que l'illustre animal fut stoppé par une balle qui lui brisa une patte.
Il tomba non loin des lignes françaises et sera retrouvé peu de temps après, sans force, mais ayant toujours dans la gueule la hampe du glorieux trophée.
Cette prouesse lui a valu une patte cassée, mais aussi tous les honneurs, car lorsque le Maréchal Lannes apprendra cet exploit, il saura récompenser l’intrépide chien , en lui passant autour du cou un collier orné d’une médaille en argent. Ce fait inspira le célèbre illustrateur, Jacques Onfroy de Bréville, dit JOB ( 1858 - 1931 ) par une aquarelle intitulée : « Le Maréchal Lannes décore Moustache au soir de la bataille d’Austerlitz ».
Voilà un cœur héroïque !
L’héroïsme n’est pas une vertu réservée aux hommes. Brave et fidèle, doté d’un tempérament vigoureux et d’une intelligence exceptionnelle, ce grognard, hors du commun, s’est illustré à l’égal d’un guerrier sur le champ de bataille d’Austerlitz, et comme le dira le capitaine Blaze : « C’est un grenadier français devant l’ennemi, qui ne demande jamais combien sont-ils ?, mais où sont-ils ? ». Symbole du dévouement et de la vigilance, « Moustache », le Barbet d’Austerlitz, est et restera un exemple.
Que la mémoire des hommes puisse en conserver longtemps la trace.


Christian CADOPPI

le 2 décembre 2005









Moustache, l'héroïque barbet à Dinard le 10 juillet 2005 !


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